L'hypnose peut-elle aider à arrêter de fumer ?
Par Valentine Mahin, praticienne en hypnose au cabinet Synahé, à Grass, au Luxembourg.
L’hypnose peut avoir une place dans l’arrêt du tabac lorsque tu as réellement envie d’arrêter de fumer. Chez Synahé, je travaille le tabac comme une addiction : la cigarette, mais aussi la dépendance, les automatismes, les déclencheurs et ce qu’elle avait fini par faire pour toi. L’objectif est l’arrêt en une séance. Si une deuxième séance est nécessaire, elle est comprise dans le tarif.
Ce que nous voyons au cabinet
Pour l’arrêt du tabac, j’entends souvent deux phrases qui semblent se contredire :
« Je veux vraiment arrêter. »
Et quelques minutes plus tard :
« Mais celle du matin avec mon café… je ne sais pas comment je vais faire. »
Pour moi, ce n’est pas contradictoire. Tu peux avoir envie d’arrêter de fumer et avoir peur de perdre quelque chose. Tu peux en avoir marre de l’odeur, du prix, de devoir sortir pour fumer, de te sentir dépendant… et malgré tout avoir encore envie d’une cigarette dans certaines situations. C’est justement parce que nous parlons d’une addiction.
Je ne te demande donc pas d’arriver au cabinet en étant absolument certain que plus jamais une cigarette ne te fera envie. En revanche, il faut qu’il existe chez toi une véritable envie d’arrêter. Si tu viens uniquement parce que ton conjoint insiste, parce que tes enfants te poussent ou parce que quelqu’un a pris rendez-vous à ta place, l’hypnose ne va pas fabriquer cette décision pour toi. Ce n’est pas de la magie.
Mais si tu peux me dire : « Oui, je veux arrêter, même si une partie de moi a encore peur de vivre sans cigarette », alors cette contradiction-là m’intéresse beaucoup.
Ce qui se passe vraiment
Quand je travaille l’arrêt du tabac, je le travaille comme une addiction. Il y a évidemment la nicotine et la dépendance qu’elle peut créer. Mais après plusieurs années à fumer, il n’y a généralement plus que cela.
Il y a aussi tout ce que ton cerveau a appris. Le café appelle la cigarette. Monter dans la voiture appelle la cigarette. Terminer un repas appelle la cigarette. Boire un verre appelle la cigarette. Une contrariété appelle la cigarette. Une pause au travail appelle la cigarette. Parfois, la main cherche presque le paquet avant même que tu aies consciemment décidé de fumer. À force de répétition, la cigarette s’est installée dans des dizaines de petits moments de ta journée. Et puis, parfois, elle a pris une fonction.
À quoi cette cigarette te servait-elle encore ?
C’est probablement la question qui m’intéresse le plus. Pas parce que chaque cigarette cacherait forcément un grand problème psychologique. Ce serait absurde. Certaines cigarettes sont surtout devenues des automatismes extrêmement bien appris. Mais d’autres ont fini par faire quelque chose.
« Quand je fume, je sors cinq minutes et personne ne me demande rien. » « Quand je suis énervé, ça me calme. » « C’est mon seul moment à moi. » « Quand je suis avec des gens que je ne connais pas, ça me donne une contenance. » « J’ai peur de grossir si j’arrête. »
Et là, enlever la cigarette sans regarder ce qu’on enlève avec elle peut laisser une question entière derrière. Si ta cigarette était devenue ta pause, comment vas-tu t’autoriser une pause sans elle ? Si elle t’aidait à gérer certaines émotions, qu’est-ce qui prendra cette place ? Si elle te donnait une contenance dans certaines situations sociales, que se passera-t-il lorsque tu te retrouveras dans ces situations sans cigarette à la main ?
L’objectif n’est pas de trouver absolument une fonction cachée. L’objectif est de vérifier qu’il n’y en a pas une que nous sommes en train d’ignorer.
Arrêter de fumer ne consiste pas seulement à retirer une cigarette
C’est là que ma manière de travailler rejoint quelque chose de beaucoup plus large chez Synahé. Je ne veux pas simplement enlever un comportement et considérer que le travail est terminé. Parce que si ton cerveau utilisait encore ce comportement pour répondre à un besoin, ce besoin ne disparaît pas nécessairement avec la cigarette.
Et je ne veux surtout pas partir du principe qu’un symptôme ou un comportement va forcément « se déplacer ». Ce serait beaucoup trop simpliste. En revanche, je veux éviter de retirer une réponse sans regarder la question à laquelle elle répondait. C’est une nuance importante.
Le but n’est pas que tu arrêtes de fumer pour te retrouver quelques semaines plus tard à compenser systématiquement avec la nourriture, à multiplier un autre comportement ou à vivre chaque pause comme quelque chose qui te manque terriblement. Je préfère que nous regardions aussi ce que ton cerveau avait confié à la cigarette. C’est exactement la logique du Regard des Adaptations : avant de combattre quelque chose, comprendre pourquoi ce fonctionnement a pu devenir utile.
Et l’hypnose dans tout ça ?
L’hypnose me permet de travailler avec ce qui est devenu automatique. Et c’est particulièrement intéressant avec le tabac parce qu’une grande partie du comportement ne passe plus par une décision consciente. Tu ne te lèves pas nécessairement chaque matin en réfléchissant : « À 10 h 17, je prendrai la décision rationnelle de fumer une cigarette avec mon café. » Tu fais ton café. Et la cigarette arrive avec.
Le travail en hypnose peut donc porter sur l’association, l’automatisme, certains déclencheurs, mais aussi sur ce que nous avons identifié autour de l’addiction. La séance est construite dans cet objectif : arrêter de fumer. Pas diminuer pendant six mois. Pas apprendre à devenir un meilleur fumeur. Arrêter.
Chez Synahé, l’arrêt du tabac en hypnose est prévu sur une séance. Si une deuxième séance s’avère nécessaire, elle est comprise dans le tarif. Cela ne signifie pas que je peux garantir qu’une séance fera arrêter n’importe quelle personne. Encore une fois : ce n’est pas de la magie.
Tu dois quand même avoir envie d’arrêter
C’est probablement la chose que je préfère dire clairement avant le rendez-vous. Je ne peux pas vouloir arrêter à ta place. L’hypnose ne te retire pas ton libre arbitre et ne permet pas de te forcer à devenir non-fumeur alors que tu veux continuer.
En revanche, avoir envie d’arrêter ne signifie pas ne plus avoir aucune hésitation. Tu peux vouloir arrêter et avoir peur du manque. Vouloir arrêter et adorer encore certaines cigarettes. Vouloir arrêter et avoir peur de grossir. Vouloir arrêter et te demander comment tu vas gérer ton prochain apéro. Vouloir arrêter et avoir déjà échoué plusieurs fois. Tout cela peut faire partie du travail.
La question n’est donc pas : « Est-ce que je suis certain à 100 % de réussir ? » Elle est beaucoup plus simple : « Est-ce que, moi, j’ai réellement envie d’arrêter de fumer ? » Si la réponse est oui, même avec des inquiétudes derrière, nous avons déjà quelque chose avec quoi travailler.
On me demande souvent
Est-ce qu’une séance d’hypnose suffit pour arrêter de fumer ?
Chez Synahé, l’arrêt du tabac en hypnose est prévu sur une séance. Pour certaines personnes, ce rendez-vous suffit. Si une deuxième séance est nécessaire, elle est comprise dans le tarif. Cela ne constitue cependant pas une garantie de résultat. L’hypnose n’est pas une méthode magique qui permettrait de faire arrêter quelqu’un indépendamment de sa motivation, de sa dépendance ou de sa situation.
Est-ce que l’hypnose fonctionne si je n’ai pas vraiment envie d’arrêter ?
L’hypnose ne peut pas décider à ta place. Si tu souhaites continuer à fumer et que tu viens uniquement pour faire plaisir à quelqu’un, je ne vais pas fabriquer artificiellement une envie d’arrêter. En revanche, être partagé est différent. Tu peux sincèrement vouloir arrêter tout en ayant encore peur de perdre certaines cigarettes, certains rituels ou ce qu’ils t’apportaient. Cette ambivalence ne signifie pas nécessairement que tu n’es pas prêt. Elle peut justement nous montrer ce qu’il reste à travailler.
La suite du cheminement
Cette page fait partie du cheminement consacré à l’hypnose dans la Bibliothèque Synahé. Tu peux également lire :
- L’hypnose peut-elle aider contre le stress ?
- L’hypnose peut-elle aider à mieux dormir ?
- Peut-on arrêter de fumer avec le magnétisme ?
- Pourquoi ai-je peur de grossir quand j’arrête de fumer ? (bientôt)
- Pourquoi ai-je envie de fumer quand je suis stressé ? (bientôt)
Le tabac ouvre surtout une porte beaucoup plus grande dans la Bibliothèque : celle de l’addiction. Parce que la cigarette permet de comprendre quelque chose que nous retrouverons ailleurs. On peut savoir parfaitement qu’un comportement nous fait du mal et continuer malgré tout.
Et plutôt que de conclure immédiatement : « Je manque de volonté », une autre question devient possible : « Qu’est-ce qui fait que mon cerveau continue à choisir cette réponse alors qu’une autre partie de moi voudrait arrêter ? » C’est cette question que nous allons suivre dans la suite du cheminement consacré aux addictions. (bientôt)
Valentine Mahin. Praticienne en hypnose au cabinet Synahé, à Grass, au Luxembourg. Pour l’arrêt du tabac, je travaille l’addiction, les automatismes et ce que la cigarette peut avoir fini par représenter dans la vie de la personne. L’objectif est l’arrêt en une séance, avec une deuxième séance comprise dans le tarif si elle s’avère nécessaire.
L’hypnose peut être utilisée comme approche complémentaire dans une démarche d’arrêt du tabac, mais elle ne garantit pas le sevrage et ne remplace pas un accompagnement médical ou tabacologique lorsqu’il est nécessaire. En cas de dépendance importante ou de difficulté à arrêter, demande conseil à un professionnel de santé.
