L'hypnose peut-elle aider contre le stress ?
Par Valentine Mahin, praticienne en hypnose au cabinet Synahé, à Grass, au Luxembourg.
L’hypnose peut avoir une place lorsque le stress devient envahissant ou se répète dans des situations où tu aimerais réagir autrement. Chez Synahé, je ne cherche pas seulement à te détendre. Je cherche à comprendre pourquoi ton cerveau continue à déclencher cette réaction et ce qu’elle essaie encore de protéger, d’anticiper ou de maintenir pour toi.
Ce que nous voyons au cabinet
Quand quelqu’un vient me voir pour le stress, il me dit souvent : « Je sais que je devrais lâcher prise, mais je n’y arrive pas. » Ou : « Je sais qu’il n’y a pas de raison de stresser autant. » Et c’est justement ce qui épuise. Parce que la personne sait.
Elle sait que ce mail peut attendre demain. Elle sait qu’elle ne contrôle pas tout. Elle sait qu’elle devrait arrêter d’anticiper. Elle sait parfois même exactement ce que son médecin, ses proches ou son thérapeute lui conseilleraient. Mais son cerveau continue.
Alors je ne commence généralement pas par lui apprendre qu’elle devrait se calmer. Je lui demande plutôt : qu’est-ce qui deviendrait plus difficile si tu arrêtais d’être aussi vigilant ? C’est une question étrange au début. Et pourtant, c’est souvent là que le travail commence.
Ce qui se passe vraiment
Le stress est une réaction normale de l’organisme face à une situation perçue comme exigeante ou menaçante. Lorsqu’il devient durable, envahissant ou qu’il altère fortement le quotidien, il peut nécessiter un accompagnement médical ou psychologique.
Mais chez Synahé, je m’intéresse aussi à autre chose : pourquoi cette réaction continue-t-elle alors même que tu voudrais qu’elle s’arrête ? Parce que ton cerveau ne maintient pas forcément cette vigilance pour t’embêter.
Peut-être qu’anticiper t’a longtemps permis d’éviter les problèmes. Peut-être que tout contrôler t’a donné une sensation de sécurité. Peut-être que rester en mouvement t’empêche de sentir ce qui remonte lorsque tout s’arrête. Peut-être encore que tu as appris très tôt qu’être prêt à tout était la meilleure manière de ne pas être surpris.
Je ne pars jamais du principe qu’une de ces explications est forcément la tienne. Je cherche avec toi. Parce que deux personnes qui disent « je suis stressée » peuvent utiliser cette réaction pour des raisons complètement différentes.
L'hypnose ne consiste pas seulement à te faire relaxer
Bien sûr, une séance peut comporter un état de détente. Mais si mon seul objectif était de te détendre pendant une heure, cela ne répondrait pas toujours à la vraie question. Tu pourrais sortir parfaitement calme du cabinet et retrouver exactement le même mécanisme dès le lendemain matin. Parce que le contexte revient. Et surtout parce que la raison du mécanisme est peut-être toujours là.
C’est là que l’hypnose prend une autre place. Je ne cherche pas seulement : « Comment faire pour que tu stresses moins ? » Je cherche : « À quoi cette vigilance sert-elle encore ? » Et tant que nous n’avons pas compris cela, je me méfie des solutions qui consistent simplement à enlever.
On n'enlève pas une solution avant d'avoir compris le problème qu'elle résout
C’est probablement l’une des idées les plus importantes de notre manière de travailler. Imagine que ton cerveau ait appris : « Si j’anticipe tout, je suis en sécurité. » Et que nous arrivions avec l’objectif : « Super, faisons disparaître cette anticipation. » Ton cerveau n’entend pas forcément : « On va te libérer. » Il peut entendre : « On t’enlève ce qui te protège. » Alors il résiste. Ou il recrée autre chose.
C’est pour cela que je ne considère pas systématiquement le stress comme un ennemi. Un symptôme peut déranger énormément tout en remplissant encore parfaitement sa fonction. Et le travail consiste alors moins à lutter contre lui qu’à permettre au cerveau de découvrir qu’il existe aujourd’hui d’autres façons de répondre au même besoin. C’est exactement le cœur du Regard des Adaptations.
On me demande souvent
Quelle différence avec le magnétisme pour le stress ?
Les deux approches ne posent pas exactement la même question. Avec Denis, le magnétisme peut offrir un espace de détente et de relâchement lorsque la personne sent qu’elle n’arrive plus à ralentir. En hypnose, je vais davantage chercher à comprendre ce qui maintient cette tension et pourquoi ton cerveau continue à la considérer comme utile.
Ce n’est donc pas « l’une ou l’autre » par principe. Parfois, tu as besoin de souffler. Parfois, tu as besoin de comprendre pourquoi tu ne t’autorises jamais vraiment à souffler. Et parfois, les deux ont du sens à des moments différents.
La suite du cheminement
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Deux personnes peuvent entrer chez Synahé avec exactement le même mot : stress. L’une a surtout besoin de retrouver un espace où elle peut relâcher. L’autre découvre que son stress est devenu une manière de rester en sécurité, de contrôler, d’anticiper ou de continuer à tenir. C’est pour cela que ce n’est pas le symptôme qui choisit l’approche. Le symptôme nous indique simplement où commencer à regarder.
Valentine Mahin
Praticienne en hypnose au cabinet Synahé, à Grass, au Luxembourg. Mon travail ne consiste pas uniquement à chercher comment supprimer un symptôme. Je cherche à comprendre ce qui l’a rendu utile et ce qui le maintient encore aujourd’hui. Faire connaissance.
Cette page ne remplace ni un avis médical, ni un suivi psychologique, ni un traitement prescrit. Si le stress devient persistant, envahissant, s’accompagne d’angoisses importantes ou affecte fortement ton quotidien, demande conseil à un professionnel de santé.
