L'hypnose peut-elle aider à mieux dormir ?

L’hypnose peut avoir une place lorsque tu as du mal à t’endormir, que tu te réveilles la nuit ou que ton cerveau semble incapable de s’arrêter au moment de dormir. Chez Synahé, je ne cherche pourtant pas seulement à provoquer le sommeil. Je cherche à comprendre pourquoi ton cerveau reste éveillé et quelle fonction cette vigilance remplit encore pour toi.

Ce que nous voyons au cabinet

Il y a une phrase que j’entends souvent : « Je suis épuisée. Je voudrais juste dormir. Mais dès que je pose la tête sur l’oreiller, mon cerveau démarre. »

Alors la personne me raconte. Elle pense à demain. Elle refait une conversation de la journée. Elle prépare mentalement ce qu’elle ne doit surtout pas oublier. Elle imagine ce qui pourrait mal se passer. Elle regarde l’heure. Elle calcule combien d’heures il lui reste avant que le réveil sonne. Et plus elle veut dormir, moins elle y arrive.

Évidemment, lorsque quelqu’un vient pour des difficultés de sommeil, la première chose est de comprendre de quoi nous parlons. Difficultés d’endormissement ? Réveils nocturnes ? Réveil très précoce ? Sommeil non réparateur ? Depuis combien de temps ? Y a-t-il eu un événement particulier ? Un traitement ? Des douleurs ? Un problème médical connu ?

Parce que « je dors mal » est un symptôme. Pas une explication. Et c’est précisément là que mon travail commence.

Ce qui se passe vraiment

Quand quelqu’un me dit qu’il veut utiliser l’hypnose pour dormir, la tentation serait de construire immédiatement une séance autour du calme, de la détente et du sommeil. Ferme les yeux. Respire. Relâche. Dors. Mais ce serait parfois aller beaucoup trop vite.

Parce que la question qui m’intéresse n’est pas uniquement : « Comment faire pour que ton cerveau s’arrête ? » C’est aussi : « Pourquoi continue-t-il ? » Ton cerveau ne reste pas nécessairement éveillé parce qu’il a oublié comment dormir. Parfois, il continue simplement à faire quelque chose qu’il considère encore comme important.

Et si rester éveillé avait encore une fonction ?

Imagine quelqu’un qui a appris pendant des années qu’il fallait tout anticiper pour éviter les problèmes. La journée, ce fonctionnement peut même être valorisé. Cette personne est organisée. Elle pense à tout. Elle prévoit. Elle contrôle. Elle ne se laisse pas surprendre.

Puis arrive 23 heures. Elle voudrait que ce cerveau extrêmement performant toute la journée comprenne soudain : « Merci, maintenant tu peux t’éteindre. » Mais lui n’a peut-être jamais appris que la nuit était un moment où il pouvait réellement baisser la garde.

Pour une autre personne, réfléchir au moment du coucher permet peut-être de traiter tout ce qui n’a pas eu de place pendant la journée. Pour une autre encore, rester vigilante a pu être nécessaire pendant une période de sa vie. Et parfois, la personne ne sait absolument pas pourquoi son cerveau continue. C’est très bien aussi. Je ne pars jamais à la recherche d’une fonction imaginaire simplement parce qu’il faudrait absolument en trouver une. Je cherche. Et parfois, nous découvrons qu’il y en a une.

Le sommeil devient parfois le seul moment où plus rien ne fait de bruit

C’est un phénomène que je trouve particulièrement intéressant. Toute la journée, tu fais. Tu travailles. Tu conduis. Tu réponds. Tu gères les enfants. Tu regardes ton téléphone. Tu parles. Tu prépares le repas. Tu ranges. Tu regardes une série. Puis tu te couches. Plus personne ne demande rien.

Et soudain, tout ce qui n’avait pas trouvé de place dans la journée en trouve une. Une conversation revient. Une inquiétude apparaît. Une décision que tu repousses depuis plusieurs jours revient frapper à la porte. Alors on dit : « Mon cerveau m’empêche de dormir. » Mais parfois, il profite simplement du premier moment où tu es enfin disponible pour attirer ton attention.

Dans ce cas, faire taire les pensées sans comprendre pourquoi elles arrivent précisément là pourrait passer à côté d’une partie importante du problème.

Je ne veux pas enlever une solution avant de comprendre ce qu'elle résout

C’est ici que notre manière de travailler à Synahé devient importante. Si ton cerveau croit que rester vigilant te protège, lui demander simplement d’arrêter peut créer une contradiction. Toi, tu veux dormir. Lui pense peut-être qu’il doit surveiller. Toi, tu veux arrêter de penser. Lui considère peut-être qu’anticiper évite quelque chose.

Et si je traite automatiquement cette vigilance comme un problème à supprimer, je risque d’oublier une question essentielle : qu’est-ce qui prendra sa place ? Je ne veux pas faire disparaître un symptôme pour voir apparaître quelques semaines plus tard une autre manière de répondre exactement au même besoin. Une tension. Un autre comportement. Une autre forme de contrôle. Ou simplement le retour du même problème.

Cela ne signifie évidemment pas qu’un symptôme se « déplace » systématiquement lorsqu’on le travaille. Ce serait beaucoup trop simpliste. Cela signifie que je préfère comprendre ce qui maintient un fonctionnement avant de chercher uniquement à le supprimer. C’est l’une des idées centrales du Regard des Adaptations.

Alors, que fait-on en hypnose ?

Pas la même chose avec tout le monde. Et c’est précisément le principe. Si nous découvrons que ton cerveau reste en vigilance parce qu’il anticipe constamment, le travail ne sera pas nécessairement le même que si tes pensées du soir sont le seul moment où certaines émotions trouvent enfin une place.

Si tu as développé une peur de ne pas dormir, nous regarderons aussi ce cercle particulier : surveiller le sommeil, calculer les heures restantes, anticiper la fatigue du lendemain, jusqu’à transformer le coucher lui-même en situation de tension.

Et parfois, il n’y a pas une grande histoire cachée derrière ton sommeil. L’hypnose peut alors simplement participer à retrouver d’autres automatismes autour de l’endormissement et du relâchement. La fonction n’est pas une théorie que je plaque sur chaque personne. C’est une question que je garde ouverte.

On me demande souvent

Quelle différence avec le magnétisme pour dormir ?

C’est exactement le même croisement que nous avons déjà rencontré avec le stress. Avec Denis, le magnétisme peut offrir un espace permettant de ralentir et de retrouver davantage de calme. Certaines personnes décrivent après une séance un esprit plus clair ou la sensation d’avoir enfin réussi à redescendre.

En hypnose, je vais davantage m’intéresser à la question suivante : qu’est-ce qui empêche justement ton cerveau de redescendre ? Parfois, tu as surtout besoin de calme. Parfois, il faut comprendre pourquoi le calme lui-même semble difficile à atteindre. Et les deux questions peuvent parfaitement exister chez la même personne.

La suite du cheminement

Cette page ouvre le cheminement consacré au sommeil du côté de l’hypnose dans la Bibliothèque Synahé. Tu peux également lire :

  • Le magnétisme peut-il aider à mieux dormir ?
  • Pourquoi je pense à tout au moment de dormir ? (bientôt)
  • Pourquoi je me réveille toujours au milieu de la nuit ? (bientôt)
  • Pourquoi plus j’essaie de dormir, moins j’y arrive ? (bientôt)

Et c’est là que les deux portes de Synahé deviennent intéressantes. Denis peut rencontrer quelqu’un qui dit : « Je n’arrive plus à redescendre. » Je peux rencontrer quelqu’un qui dit exactement la même chose. Mais l’un des premiers réflexes peut être de chercher comment lui permettre de retrouver du calme. L’autre, de demander : « Qu’est-ce que ton cerveau croit devoir continuer à faire pendant que tu voudrais dormir ? »

Aucune de ces questions n’est meilleure que l’autre. Elles ne regardent simplement pas au même endroit. Parce que chez Synahé, nous ne choisissons pas une approche uniquement à partir du symptôme. Nous cherchons d’abord à comprendre ce qui se passe autour de lui, ce qu’il maintient et, parfois, ce qu’il protège.

Valentine Mahin

Praticienne en hypnose au cabinet Synahé, à Grass, au Luxembourg. Mon travail ne consiste pas uniquement à chercher comment supprimer un symptôme. Je cherche à comprendre ce qui l’a rendu utile, ce qui peut encore le maintenir aujourd’hui et comment permettre au cerveau de trouver une autre réponse sans simplement lui retirer celle qu’il utilisait jusque-là. Faire connaissance.