Reboutement.
Le reboutement est-il douloureux ?
Par Denis Josserand, magnétiseur et praticien en reboutement au cabinet Synahé, à Grass, au Luxembourg.
Oui, certaines séances de reboutement peuvent être douloureuses. Certaines techniques sont appuyées et il arrive que la zone travaillée reste sensible pendant un ou deux jours après la séance. Je préfère te le dire avant que tu prennes rendez-vous plutôt que de te laisser le découvrir une fois installé sur la table.
En revanche, faire mal n’est jamais un objectif. Si Denis utilise une technique plus soutenue, c’est parce qu’il estime qu’elle est adaptée à la situation. Lorsqu’il existe une autre manière de travailler, il l’utilise. Chaque séance est adaptée à la personne qui est en face de lui.
Ce que Denis voit au cabinet
Il y a deux réactions très différentes avant une première séance.
La première : « On m’a dit que vous faisiez un mal de chien… »
La seconde : « On m’a dit que ça avait changé la vie de quelqu’un de mon entourage. »
Souvent, les deux phrases viennent de la même personne. Cette réputation ne s’est pas construite par hasard.
Certaines personnes ressortent d’une séance en disant : « J’ai cru que je n’allais jamais revenir. » Puis elles rappellent quelques jours plus tard pour prendre un nouveau rendez-vous.
Pourquoi ? Parce que ce qu’elles retiennent finalement n’est pas uniquement ce qu’elles ont ressenti pendant la séance. C’est aussi ce qu’elles ressentent après.
Cela ne veut évidemment pas dire que tout le monde vivra la même expérience, ni qu’une séance douloureuse garantit un résultat. Chaque personne est différente. Mais je préfère que les choses soient dites clairement.
Ce qui se passe vraiment
Lorsque certaines tensions sont installées depuis longtemps, les tissus deviennent parfois très sensibles. Certaines zones sont contractées depuis des mois. Parfois depuis des années. Les travailler peut provoquer une douleur. Il serait malhonnête de prétendre le contraire.
Il arrive également qu’après certaines techniques, la zone continue de réagir. Certaines personnes parlent de courbatures. D’autres décrivent une sensation que « ça travaille encore ». D’autres encore ressentent une douleur comparable à celle qui suit un effort physique important.
Cette réaction peut durer quelques heures. Parfois jusqu’à quarante-huit heures. Cela ne signifie pas automatiquement qu’il y a un problème. Le corps vient de recevoir un travail manuel parfois important. Comme après un effort inhabituel, il lui faut parfois un peu de temps pour retrouver son équilibre.
En revanche, une douleur très importante, inhabituelle, qui s’aggrave ou qui s’accompagne d’autres symptômes doit toujours être signalée et, si nécessaire, faire l’objet d’un avis médical.
Est-ce que Denis cherche à faire mal ?
Non. Et c’est probablement la nuance la plus importante.
Il existe une vieille croyance selon laquelle un bon rebouteux devrait forcément faire souffrir. Comme si la douleur était une preuve d’efficacité. Je ne travaille pas comme ça.
Si une technique plus appuyée est nécessaire, je te l’explique. Si je peux obtenir le même objectif avec un geste moins intense, je ne vais pas appuyer davantage simplement pour montrer ma force ou entretenir une réputation.
Faire souffrir une personne n’a jamais été un objectif. Travailler avec justesse, oui. Parfois, cette justesse demande une intervention soutenue. Parfois, non. Chaque séance est différente.
Pourquoi certaines personnes ont-elles plus mal que d'autres ?
Parce qu’il n’existe pas deux corps identiques. Une personne qui consulte rapidement après l’apparition d’une gêne ne réagira pas forcément comme quelqu’un qui vit avec cette douleur depuis dix ans.
L’état de fatigue. Le stress. L’inflammation. Les compensations mises en place par le corps. La sensibilité personnelle. Les traitements médicaux. L’appréhension. Tout cela peut influencer ce qui sera ressenti pendant et après la séance.
C’est aussi pour cette raison que Denis prend toujours le temps de discuter avant de commencer.
Avant de travailler sur une douleur, Denis prend le temps de rencontrer la personne qui la porte.
Après la séance
Avant de repartir, Denis explique toujours ce qui peut arriver dans les heures qui suivent. Selon les situations, il peut conseiller de laisser le corps récupérer, d’éviter un effort physique important ou simplement d’observer l’évolution des sensations.
La plupart du temps, les réactions diminuent progressivement. Certaines personnes ressentent un soulagement rapide. D’autres ont besoin de quelques jours. Il n’existe pas de délai universel. Chaque organisme réagit à sa manière.
On me demande souvent
Dois-je avoir mal pour que la séance fonctionne ?
Non. Une séance très douloureuse n’est pas forcément plus efficace qu’une séance beaucoup plus douce. L’intensité ne mesure pas la qualité du travail.
Peut-on avoir mal pendant deux jours ?
Oui. Cela arrive chez certaines personnes, notamment lorsque des techniques plus soutenues ont été utilisées. Une sensibilité temporaire ou des courbatures peuvent faire partie des réactions observées. En revanche, une douleur inhabituelle, très importante ou qui s’aggrave mérite d’être signalée.
Si j’ai peur d’avoir mal, dois-je annuler ?
Non. Parle-en simplement avant de commencer. La peur fait partie des informations utiles pour adapter la séance. Tu peux également demander à Denis d’expliquer ce qu’il fait au fur et à mesure.
Est-ce que tout le monde vit la séance de la même manière ?
Non. Certaines personnes sont surprises par la douceur de la séance. D’autres trouvent certaines techniques très intenses. Cela dépend autant de la situation que de la personne.
La suite du cheminement
Cette page fait partie du cheminement consacré au reboutement dans la Bibliothèque Synahé. Tu peux poursuivre avec ces questions :
- Pourquoi consulter un rebouteux ?
- Quelle est la différence entre un rebouteux et un ostéopathe ?
- Combien de séances sont parfois nécessaires ? (bientôt)
- Pourquoi certaines douleurs reviennent-elles ? (bientôt)
Chaque page répond à une question précise, sans promettre de résultat ni opposer les pratiques. Parce qu’avant de choisir une approche, il est aussi important de savoir à quoi s’attendre.
Denis Josserand
Magnétiseur et praticien en reboutement au cabinet Synahé, à Grass, au Luxembourg. Denis travaille autour des tensions, des douleurs et des restrictions de mobilité, toujours en complément du suivi médical. Sa manière de pratiquer tient en une phrase : avant de travailler sur une douleur, il prend le temps de rencontrer la personne qui la porte. En savoir plus sur Denis.
Cette page présente une pratique manuelle traditionnelle à visée de confort et de bien-être. Elle ne pose aucun diagnostic, ne remplace ni un avis médical ni un traitement prescrit et ne constitue pas une promesse de résultat. En cas de douleur récente, persistante, aggravée ou inexpliquée, consulte ton médecin.
