Combien de séances de reboutement sont parfois nécessaires ?
Par Denis Josserand, magnétiseur et praticien en reboutement au cabinet Synahé, à Grass, au Luxembourg.
Il n’existe pas de nombre de séances valable pour tout le monde. Certaines personnes ne reviennent pas après un premier rendez-vous, d’autres ont besoin de plusieurs séances. Chez Synahé, Denis regarde surtout ce qui change après la séance, ce qui revient et ce que la personne retrouve dans son quotidien. Dans certaines situations précises, comme les épines calcanéennes, un protocole de plusieurs séances peut cependant être proposé dès le départ.
Ce que Denis voit au cabinet
La question arrive très souvent : « Vous pensez qu’il faudra combien de séances ? »
Je comprends pourquoi on me la pose. Quand tu as mal depuis plusieurs semaines ou plusieurs années, tu as envie de savoir où tu vas. Tu veux savoir si tu vas devoir revenir deux fois, cinq fois ou tous les mois.
Mais dans la plupart des situations, si je te donne un chiffre avant même de t’avoir rencontré, ce chiffre ne repose pas sur grand-chose.
Je peux recevoir deux personnes dans la même journée qui me disent exactement la même chose : « J’ai mal à l’épaule. » La première s’est fait mal quelques jours plus tôt en bricolant. La seconde traîne cette douleur depuis six ans. Elle ne dort plus sur ce côté. Elle porte ses courses autrement. Elle évite certains mouvements. Elle a appris à attraper les objets avec l’autre bras sans même y penser.
Toutes les deux montrent l’épaule. Mais elles ne m’apportent pas la même situation. Alors je ne peux pas leur promettre le même parcours simplement parce que le nom de la douleur est le même.
Il m’arrive de terminer une première séance en disant : « Maintenant, rentre chez toi et regarde ce qui se passe. » Et parfois, c’est suffisant. Il m’arrive aussi de dire : « Je pense qu’on aura besoin de se revoir. » Ce n’est pas une règle automatique. C’est ce que j’ai observé pendant la séance, ce qui a pu être travaillé et ce qu’il reste éventuellement à faire.
Ce qui se passe vraiment
On juge facilement une séance à ce qui se passe sur la table. Moi, je m’intéresse beaucoup à ce qui se passe après. Parce que retrouver de la mobilité pendant dix minutes au cabinet n’est pas forcément la même chose que retrouver cette mobilité dans la vie quotidienne.
Ce que je veux savoir, c’est par exemple : Est-ce que tu arrives à tourner la tête plus facilement en voiture ? Est-ce que tu dors mieux ? Est-ce que tu marches sans penser à chaque pas ? Est-ce que tu remets ta veste sans anticiper le mouvement qui va faire mal ? Est-ce que tu as pu reprendre quelque chose que tu avais arrêté ? C’est là que la séance commence vraiment à raconter quelque chose.
Je ne compte pas les séances. J’observe ce que ton corps retrouve entre deux rendez-vous.
Une première séance peut déjà changer beaucoup de choses. Parfois, elle suffit. Et dans ce cas-là, je ne vois aucune raison de faire revenir quelqu’un pour le principe.
Mais il existe aussi des situations dans lesquelles tout ne peut pas être travaillé en une fois. Parce qu’une zone est très sensible. Parce que plusieurs tensions se répondent. Parce que le corps a besoin de récupérer. Ou simplement parce que vouloir tout faire lors d’un seul rendez-vous demanderait un travail trop important. Dans ces situations, avancer progressivement peut être beaucoup plus cohérent.
Cela ne veut pas dire que le problème est forcément plus grave. Cela veut seulement dire qu’il faut parfois laisser le temps au corps de montrer comment il réagit.
Ce qui se passe entre deux rendez-vous compte autant que la séance
C’est une partie que les gens oublient parfois. Le corps ne s’arrête pas au moment où tu quittes le cabinet. Après certaines techniques, tu peux ressentir des courbatures ou une sensibilité pendant quelques heures, parfois un ou deux jours.
C’est pour cela que je ne tire pas toujours une conclusion immédiatement après la séance. Je préfère parfois attendre. Observer. Voir ce qui s’améliore une fois les premières réactions passées.
Une personne peut m’appeler en disant : « Pendant deux jours, j’ai senti que ça avait travaillé. Et puis j’ai réalisé que je pouvais à nouveau faire tel mouvement. » Une autre peut me dire : « Sur le moment j’étais mieux, mais trois jours après tout est revenu exactement comme avant. » Ce sont deux informations très différentes. Et elles ne conduisent pas forcément à la même décision pour la suite.
Revenir parce qu'il reste quelque chose à travailler
Un rendez-vous supplémentaire doit avoir une raison. Il peut servir à poursuivre un travail commencé. À regarder une autre zone. À comprendre pourquoi une tension revient. À adapter le geste à ce qui a changé depuis la séance précédente.
Mais je ne veux pas que quelqu’un revienne simplement parce qu’un nombre de séances aurait été annoncé par habitude. Si la situation a évolué comme nous l’espérions, très bien. Si elle n’évolue pas, il faut aussi être capable de le regarder. Continuer encore et encore n’est pas toujours la bonne réponse.
Parfois, il faut changer de direction. Reprendre contact avec son médecin. Demander un nouvel avis. Faire un examen complémentaire. Ou simplement reconnaître que mon travail n’est peut-être pas celui dont la personne a besoin à ce moment-là. Je trouve ça plus sérieux que de continuer par habitude. Savoir quand continuer. Et savoir quand ne pas continuer.
Il existe aussi des protocoles précis
Cela ne signifie pas que Denis ne travaille jamais avec un nombre de séances défini à l’avance. Il existe certaines situations pour lesquelles sa manière de travailler est plus structurée. C’est notamment le cas des épines calcanéennes, pour lesquelles Synahé propose un forfait de quatre séances. Dans ce cas, les quatre rendez-vous correspondent à un protocole particulier utilisé par Denis pour cette problématique.
Mais ce fonctionnement ne peut pas être transposé automatiquement à toutes les douleurs. Une épaule, un dos ou une nuque ne deviennent pas « quatre séances » simplement parce qu’un protocole de quatre rendez-vous existe pour les épines calcanéennes. C’est toute la différence entre appliquer systématiquement un chiffre à chaque personne et avoir construit un protocole spécifique pour une situation précise.
Et les séances d'entretien ?
Certaines personnes reviennent ensuite ponctuellement, par exemple parce qu’elles savent que leur métier, leur activité physique ou certaines périodes sollicitent beaucoup leur corps. Mais là encore, ce n’est pas une obligation. Il n’existe pas de règle du type : « Un rebouteux, c’est tous les mois. »
Certaines personnes reviennent après plusieurs mois. D’autres ne reviennent jamais. D’autres encore savent qu’une période particulière de leur année est plus exigeante physiquement et prennent rendez-vous lorsqu’elles en ressentent le besoin. Ce n’est pas le calendrier qui décide. C’est la situation.
Et c’est probablement la chose la plus importante à retenir : le bon nombre de séances n’est pas forcément un chiffre identique pour tout le monde. C’est un parcours qui doit rester cohérent avec ce que l’on travaille et avec la manière dont la situation évolue.
On me demande souvent
Si je vais mieux après une séance, est-ce que je dois quand même revenir ?
Pas forcément. Si tu vas bien, que tu retrouves ta mobilité et que la gêne qui t’amenait ne perturbe plus ton quotidien, Denis ne va pas te demander de revenir uniquement parce qu’une deuxième séance avait été envisagée.
À l’inverse, une amélioration partielle peut donner envie de poursuivre le travail. Et pour certaines problématiques précises faisant l’objet d’un protocole défini, comme les épines calcanéennes, le raisonnement est différent puisque plusieurs séances sont prévues dès le départ.
Dans les autres situations, la décision se prend surtout après avoir observé ce qui a réellement changé. L’idée est simple : chaque rendez-vous doit avoir une raison d’exister.
La suite du cheminement
Cette page fait partie du cheminement consacré au reboutement dans la Bibliothèque Synahé. Tu peux également lire :
- Pourquoi consulter un rebouteux ?
- Quelle est la différence entre un rebouteux et un ostéopathe ?
- Le reboutement est-il douloureux ?
- Pourquoi certaines douleurs reviennent-elles ?
Ces questions se ressemblent parfois, mais elles ne racontent pas la même chose. Ici, la question était : « Combien de séances faudra-t-il ? » Et la réponse n’est finalement ni « une », ni « trois », ni « quatre ». Le nombre de séances dépend de ce que nous travaillons. Parfois, le parcours se décide séance après séance. Dans certaines situations précises, il peut aussi suivre un protocole défini dès le départ.
Denis Josserand
Magnétiseur et praticien en reboutement au cabinet Synahé, à Grass, au Luxembourg. Denis travaille autour des tensions, des douleurs et des restrictions de mobilité, toujours en complément du suivi médical. Sa manière de pratiquer tient en une phrase : avant de travailler sur une douleur, il prend le temps de rencontrer la personne qui la porte. En savoir plus sur Denis.
Cette page présente une pratique manuelle traditionnelle à visée de confort et de bien-être. Elle ne pose aucun diagnostic, ne remplace ni un avis médical ni un traitement prescrit et ne constitue pas une promesse de résultat. En cas de douleur récente, persistante, aggravée ou inexpliquée, consulte ton médecin.
